3 Le monde est en train de vivre des transformations radicales et, à l’échelle de l’histoire, ultra-rapides. L’Université de Liège, comme tout organisme « vivant », est indissociable de son environnement. Depuis ses débuts, elle s’est adaptée aux contextes traversés, qu’ils soient heureux ou douloureux. Elle a accompagné la prospérité de la sidérurgie florissante. Elle a pris sa part dans la traversée des crises consécutives, et dans la formation des compétences nécessaires aux conversions indispensables. Tout au long de son histoire, elle a su assurer et perpétuer ses missions principales : créer de la connaissance, la transmettre, et participer à la vie de la cité. Mais au-delà, elle a su rester actrice de l’histoire, actrice de son destin, en s’engageant concrètement dans les enjeux environnementaux, sociaux et techniques qui se présentaient à la société, dans le respect des valeurs d’une université publique. Dans un monde de plus en plus instable, incertain, et dangereux, il est fondamental qu’elle continue à jouer ce rôle. Et pour cela, il est essentiel d’expliciter une stratégie. C’est un peu paradoxal, car plus il y a d’incertitude, plus il est difficile de prédéfinir ce qu’on va faire, et plus il est probable qu’on ne puisse pas faire ce qu’on a prévu. Selon la célèbre formule empruntée au Maréchal von Moltke, « aucun plan de bataille ne survit au premier contact avec l’ennemi ». Mais il est essentiel d’en avoir un, et de savoir l’adapter. Nous ne voulons pas subir, nous voulons agir, piloter notre futur, participer à la définition d’une société désirable, et participer à sa construction. Parce que nous formons aujourd’hui ses citoyens et les futurs responsables économiques, politiques, culturels et sociaux. Pour cela, il nous faut visualiser une trajectoire, qui part de notre analyse du présent et la relie, par un ensemble cohérent de transitions et transformations, à une vision d’un futur possible et souhaitable. C’est l’objet de ce plan qui porte nos ambitions stratégiques pour l’ensemble de l’Institution et inclut toute la communauté universitaire : étudiantes et étudiants, membres du personnel enseignant, scientifique, administratif, technique et ouvrier, ainsi que nos alumni et nos partenaires. Il a été conçu par l’équipe rectorale, partagé avec les doyens et doyennes de toutes les facultés, l’administrateure et les directeurs et directrices des administrations. Il a fait l’objet d’évolutions pour être présenté au conseil d’administration. Il servira de cadre à notre feuille de route pour la durée de notre mandat. Mais nous l’avons établi en portant notre regard aux environs de 2030, non pas évidemment parce que nous pensons bien être reconduits, mais parce que c’est avec ce genre d’empan temporel que les enjeux de notre université et les grandes transformations en cours peuvent se penser le plus efficacement, entre surréactions de court terme et excès de prospective. ANNE-SOPHIE NYSSEN, RECTRICE PRÉAMBULE
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