Jean-Baptiste Brasseur naît à Esch-sur-Alzette, dans la province de Luxembourg, le 24 juin 1802. Aîné d’une famille nombreuse d’origine modeste, sa jeunesse est laborieuse et austère, sans confort matériel. Attiré par l’étude de la science, ce n’est qu’à force de sacrifices et d’effort qu’il parviendra à faire des études complètes.

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Jeunesse

 

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e pouvant se procurer facilement des livres, Jean-Baptiste Brasseur était forcé de limiter ses lectures à quelques ouvrages essentiels qu’il décortiquait pour les assimiler complètement. Il est éduqué en partie par un instituteur particulier et en partie de manière autodidacte. De sa jeunesse, il conservera toute sa vie le goût de la simplicité.

Il entre ensuite à l’Athénée de Luxembourg puis, en 1824, il s’inscrit à la Faculté des Sciences de la jeune Université de Liège. Il y suivra les cours des premiers Professeurs de l’Université de Liège : la métaphysique avec Bernard-Ignace Denzinger, les sciences avec le médecin et chimiste Delvaux et les mathématiciens Van Rees, Vanderheyden, et Germinal-Pierre Dandelin. Ce dernier aura d’ailleurs une profonde influence sur lui. En 1829, il est reçu docteur en sciences physiques et mathématiques.

Il se rend alors à Paris où il fréquente les leçons de célèbres professeurs tel que Binet au collège de France ou encore Cauchy, Thénard et Gay-Lussac à la Sorbonne. Le soir, il suit des cours de coupe des pierres et de construction des charpentes, les mêmes qu’Eugène Catalan, qui deviendra plus tard son collègue à l’Université de Liège.

Il revient en Belgique en 1830 après l’indépendance et devient professeur privé. Sa première tentative de se rattacher à l’Université de Liège se solde par un échec. Il prend alors les fonctions de capitaine commandant à l’artillerie de la garde civique liégeoise. Il organise dans la salle des Drapiers des cours de géométrie analytique et des cours de géométrie descriptive pour les futurs capitaines. Il fait également partie des jurys de l’examen de l’école militaire.

En 1831, il est nommé conducteur de 3e classe des ponts et chaussées et désigné en cette qualité pour surveiller les constructions navales à Boom, travaux qui n’eurent jamais lieu… Il enseigne les mathématiques élémentaires à l’Université de Louvain jusque 1832. Jean-Baptiste Brasseur se marie en 1831, il aura 5 enfants.

Professorat

Nommé lecteur et chargé des cours de géométrie descriptive et de haute analyse appliquée à la géométrie à l’Université de Liège, il prend pour base de ses leçons les doctrines du mathématicien français GaspardMonge. Très précis et clair, Jean-Baptiste Brasseur est apprécié de ses élèves.

En 1835, suite à la réorganisation des universités, il perd le cours d’analyse et se voit attribuer le cours de mécanique appliquée. Il conserve le cours de géométrie descriptive (avec applications à la coupe des pierres, à la charpente, à la perspective et aux ombres). Il dispense également, à partir de 1835, pour les étudiants des différentes candidatures, un cours de mathématiques élémentaires, cours qui sera supprimé en 1949.

Professeur extraordinaire en 1837, il remplit les fonctions de secrétaire académique de 1838 à 1839 avant d’être nommé professeur ordinaire en 1844. Jean-Baptiste Brasseur sera également membre de la commission de surveillance de l’Ecole industrielle de la ville de Liège. Le 14 décembre 1855, il est élu membre titulaire de l’Académie royale de Belgique (section sciences mathématiques et physiques).

Avec quelques collègues dont Walthère Spring et Théodore Lacordaire, il fonde une association, la « Société royale des sciences de Liège ». Cette association est la plus importante de Belgique, après la classe des sciences de l’Académie royale de Bruxelles. Il en occupe pendant quelques années le poste de secrétaire général.

Le 26 octobre 1860, il reçoit la croix de chevalier de l’ordre de Léopold et le 19 février 1868, il est nommé officier de la Couronne de chêne par le roi des Pays-Bas, grand-duc de Luxembourg. Brasseur est d’autant plus sensible à ces honneurs qu’il est modeste de nature et discret.

En 1865, il perd l’un de ses fils, Léopold, répétiteur de géométrie descriptive à l’Université de Liège. Il le suit de peu et décède trois ans plus tard d’un refroidissement. C’est François Folie, un de ses élèves qui sera chargé de faire publier ses derniers écrits à titre posthume.

Récompenses et distinctions

  • Membre de l’Académie royale de Bruxelles à parti de 1855
  • Correspondant de la Société des sciences naturelles de Luxembourg
  • Chevalier de l’ordre de Léopold en 1860
  • Officier de l’ordre de la Couronne de chêne 1868

Texte rédigé par Joëlle Samedi et l’équipe d'ORBi


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