Pendant le rectorat de Charles Loomans a lieu la guerre franco-allemande de 1870. La victoire allemande aura des répercussions dans toute l'Europe et on l'attribuera surtout à sa supériorité scientifique et technologique, et à ses méthodes d'enseignement. L'Université de Liège réclame alors l'instauration de cours pratiques à côté des cours théoriques, des moyens supplémentaires et des infrastructures adaptées aux besoins.

Loomans

Docteur en Philosophie et Lettres de l’université de Louvain (1836), Charles Loomans (1816-1899) poursuit sa formation à Berlin et à Heidelberg puis à Paris, expériences qui le rendent à même d’analyser et de comparer d’autres systèmes de fonctionnement des universités, de part et d’autre de la Belgique.

Désigné par Jean-Baptiste Nothomb pour dresser un Rapport sur l’enseignement supérieur en Prusse (1845), il obtient la même année la suppléance des cours du philosophe Émile Tandel à l’Université de Liège. Pendant quarante ans, il y enseignera la psychologie morale, l’anthropologie et le droit naturel et signera notamment un essai de philosophie analytique intitulé De la connaissance de soi-même (1880).

Durant toute sa carrière, Loomans en appelle régulièrement à la réforme de l’enseignement supérieur en Belgique, déplorant, comme son collègue Antoine Spring, la formation trop scolaire offerte aux étudiants belges, de ce fait peu ouverts à l’esprit scientifique. Il propose donc de revaloriser les facultés préparatoires des lettres et des sciences, avec une plus grande attention pour la culture générale et pour les fondements théoriques de base, d’encourager la recherche et la spécialisation en imposant à nouveau la thèse de fin d’études et, surtout, d’introduire dans les université belges une absolue « liberté d’apprendre et d’enseigner » sur le modèle prussien.

Durant son rectorat (1870-1873), il ne cessera de louer l’esprit d’émulation particulièrement cultivé par les professeurs allemands, au contraire des Belges, bien trop attachés à leurs privilèges. 

Extrait du discours de rentrée académique de 1873

J’ajouterai que l’organisation actuelle [des universités d'État] est loin de favoriser le recrutement convenable du corps professoral. Sous ce rapport comme sous d’autres encore, les universités de l’État se trouvent dans des conditions d’infériorité vis-à-vis des établissements libres.

Charles Loomans, Discours de rentrée, 1873, Liège, J. Desoer, p. 18-19.
 Les discours de réouverture des cours du Recteur loomans

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Aller vers : Victor Thiry

Illustration :  Lambert Salme, À Monsieur Charles Loomans, Professeur ordinaire à l'Université de Liège, lithographie, 1869, Musée Wittert ULiège, inv. 39735

modifié le 14/05/2024

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