J’apprécie énormément notre grande liberté de penser, de choisir nos sujets de recherche et de pousser des portes vers des domaines peu défrichés encore.

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É

milie Charlier aime les livres, le cinéma et pratique le yoga. Sans doute pour elle autant de manières de se ressourcer et de calmer le mental car, depuis plus de 15 ans déjà, elle vit dans les hautes sphères des mathématiques.

Licenciée et agrégée dès 2004, elle reste à l’Université de Liège et commence sa carrière comme assistante chez le Pr Michel Rigo au département de mathématiques. Elle décroche un DEA en 2006 avant de s’engager dans une thèse de doctorat qu’elle présente en 2009. Avec son compagnon, elle s’envole alors pour un post-doc à l’université de Waterloo en Ontario (Canada) et intègre une équipe de recherche à la pointe dans le domaine des mathématiques discrètes.

En 2011, elle revient en Belgique, à l’ULB, et enseigne les mathématiques aux étudiants inscrits en Faculté des Sciences, dans la filière mathématiques, en géographie aussi. Elle part l’année suivante en Finlande, à l’université de Turku, pour un second post-doc. Mais en 2013, une charge de premier assistant se libère à Liège. Elle postule et décroche le poste. Quatre ans plus tard, Emilie Charlier est nommée chef de travaux.

Interroger les nombres

Ses recherches l’enthousiasment. « J’apprécie énormément notre grande liberté de penser, de choisir nos sujets de recherche et de pousser des portes vers des domaines peu défrichés encore », déclare-t-elle. Sa thèse concernait les “systèmes de numération abstraits”. Définis par les Prs Pierre Lecomte et Michel Rigo (ULiège), ces systèmes permettent de représenter les nombres. Très connu, le système décimal constitue en fait une norme (base 10) parmi d’autres. « En informatique on utilise le système binaire (base 2) et on privilégie le nombre 12 pour diviser une journée … », explicite la chercheuse. Et pour les mathématiciens, il n’y a pas de limite ! Au tableau, ils réfléchissent sur d’autres bases, ad libitum, et aussi sur des numérations abstraites. « On peut représenter un nombre par une suite de chiffres ou de symboles », reprend Emilie Charlier dont la thèse, justement, envisageait les différentes propriétés des nombres en lien avec leur représentation syntaxique. Ce qui amène des interrogations nouvelles sur les nombres ­ – faut-il préciser qu’il s’agit ici de science fondamentale ?  – mais qui pourrait, dans l’avenir, trouver une application concrète.

Aujourd’hui, ses recherches ont évolué vers les domaines connexes tels que la combinatoire des mots, les langages formels ou encore les systèmes dynamiques.

Entretenir la passion de la recherche

Les intitulés de ses cours ont, pour le profane, des accents poétiques “Algorithmique et calculabilité”, “Théorie de Galois” et “Mathématiques discrètes”. Elle aime aussi ce volet du métier au contact des étudiants. « A nous, les profs, de leur donner les moyens de poursuivre dans une filière qui utilise les mathématiques (l’informatique, la physique par exemple), à nous aussi d’insuffler et d’entretenir la passion de la recherche aux jeunes qui le souhaitent. » Projets, mémoires de masters et doctorats sont ainsi autant de moments pour aborder des problématiques qui lui tiennent à cœur.

Contact

Emilie charlier

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