La muséologie ibéro-américaine, brésilienne en particulier, est très innovante mais méconnue en Europe. Mes recherches sont l’occasion d’échanges au sujet de réalités patrimoniales et muséales très différentes.

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riginaire du Brésil, Manuelina Maria Duarte Cândido est arrivée en Belgique en juillet 2018. « J’ai travaillé dans différents centres culturels et musées brésiliens, à des postes de médiation, de coordination et de direction. » En 2009, Manuelina Maria Duarte Cândido est engagée comme professeur de muséologie à l’université fédérale de Goiás. « En 2015, j’ai été détachée au poste de directrice de l’Institut Brésilien des Musées. C’était un grand défi, mais aussi une expérience très intéressante pour mieux appréhender la diversité du champ muséal brésilien. Le pays compte en effet pas moins de 3.700 musées : des établissements d’envergure dans les grandes villes, mais aussi beaucoup de petits musées communautaires. La muséologie sociale est une particularité brésilienne : il s’agit d’initiatives qui émanent d’un groupe ou d’une communauté (souvent des indigènes ou des habitants de quartiers pauvres) et qui sont reconnues porteuses de mémoire par le gouvernement. »

Muséologie sociale

« Le Brésil a connu un coup d’état en 2016. La situation était très instable. J’ai donc demandé à retrouver mon poste d’enseignante à l’Université de Goiás. » Manuelina Maria Duarte Cândido y mène notamment des recherches sur les différents types de formation en muséologie. En 2018, elle rejoint l’Université de Liège où elle combine enseignement et recherche. « La muséologie ibéro-américaine, brésilienne en particulier, est très innovante mais méconnue en Europe. Mes recherches sont l’occasion d’échanges au sujet de réalités patrimoniales et muséales très différentes. Au Brésil, les populations et leurs savoirs font partie intégrante du patrimoine. Nous avons une vision militante du musée. »

Entre patrimoine et musées

« Je mène également un projet de recherche sur les collections de poupées Karaja, un peuple natif brésilien. C’est un patrimoine immatériel qui est muséalisé depuis le 19e siècle un peu partout : en Allemagne, en France, aux Etats-Unis et dans plusieurs musées brésiliens. Il y a même une petite collection au musée du cinquantenaire de Bruxelles. J’ai effectué une cartographie de la dispersion de ces poupées avec un groupe de chercheurs. Il s’agit d’un patrimoine encore vivant et reconnu au Brésil comme patrimoine immatériel. Le cas de cette poupée est intéressant car il permet de s’interroger sur la séparation entre patrimoine et musées. »

À l’Université de Liège, Manuelina Maria Duarte Cândido donne un cours d’introduction à la muséologie aux bacheliers en histoire de l’art et archéologie. Elle est également responsable de la finalité spécialisée en muséologie pour le master en histoire de l’art et archéologie. « Au Brésil, nous avons une tradition de bac en muséologie. La formation de master n’est proposée que depuis 2006 et le doctorat depuis 2011. A l’université fédérale de Goiás, seul le bac en muséologie est proposé. Je suis rattachée à un programme de master et de doctorat en anthropologie sociale. J’y donne toujours un cours une fois par an et je fais également de la direction de thèses et de mémoires à distance. »

Contact

Manuelina maria duarte Cândido

 

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