Quelle est la proportion de femmes et d'hommes au sein de l'Université de Liège, parmi les étudiants et les membres du personnel ? L'ULiège dresse sa cartographie du genre, ainsi que les actions - en cours ou à venir - qui tendent vers le meilleur équilibre possible.

Le rapport 2019 sur l'égalité de genre à l'ULIège montre que les femmes représentent 58% des étudiants, 51% du personnel de l’ULiege, 60% du personnel administratif et technique, 50% des scientifiques et 26% des académiques.

Évolution entre les années académiques 2008-2009 et 2018-2019 : Schéma récapitulatif

evolution2008-2019

Étudiants

La proportion de femmes parmi les étudiants reste stable, autour de 60% dans toutes les filières – et même 63 % en sciences humaines et sociales, 67% en sciences de la santé–, à l’exception des filières sciences, sciences de l’ingénieur et sciences économiques où elle tourne autour des 40%, et même 24% en master en sciences de l’ingénieur. En langues, lettres et traductologie, santé publique, sciences psychologiques et sciences vétérinaires, elles atteignent ou dépassent les 75%.

NB : D’après l’enquête PostMaster, les femmes diplômées auraient un peu plus de difficulté que les hommes à trouver un emploi, surtout un CDI à temps plein (83% de femmes à temps plein contre 94% d'hommes). Les femmes sont un peu plus nombreuses dans la fonction publique, comme contractuelles. Par ailleurs, on note qu’elles sont plus nombreuses à être indépendantes 16% (11% pour les hommes). Les chiffres des salaires sont préoccupants. On voit clairement que les femmes sont plus nombreuses dans les catégories des bas salaires. À l’inverse, les hommes sont plus nombreux dans les catégories de salaire les plus élevées. 52% des femmes ont des salaires inférieurs à 2000€ contre 38% d'hommes et 15% des hommes ont un salaire supérieur à 3000€ contre seulement 6% des femmes.

 

Personnel scientifique

Les femmes représentent +/- 50% du personnel scientifique. La grande majorité (61%) a moins de 35 ans.

Les femmes scientifiques définitives atteignent 46%.

Les femmes sont 50% des chercheurs en début de carrière, 47% des post-doc ou équivalent, 33% des chercheurs confirmés et seulement 24% des chercheurs expérimentés. Les femmes représentent 46% des aspirants FNRS, 39% des post-doctorants et 31% des chercheurs qualifiés. À noter que les membres des Commissions scientifiques qui examinent les dossiers sont à 81% des hommes et même 100% dans certaines disciplines. Pour plus d'informations, on se reportera au rapport genre réalisé par le FNRS.

Doctorat

Les femmes représentent 45% des diplômés de doctorat, elles étaient 42% en 2009.
Elles sont notamment 56% en sciences humaines et sociales, 56% en sciences de la santé, 41% en sciences et techniques.

NB : dans les filières de sciences et techniques, elles ne sont qu’un tiers des docteurs.

 

Corps académique

Sur les 16 dernières années, on observe une lente progression du pourcentage de femmes dans le corps académique. De 14% en 2003, elles sont passées à 26 % en 2019 : On compte aujourd’hui :

  • 29 % de chargées de cours à temps plein, alors qu’elles n’étaient que 12% en 2003;

Mais elles ne sont que 10% en Faculté de Médecine, 11% en Faculté de Droit, 20% en Faculté des Sciences appliquées, 25% en Faculté des Sciences sociales,  27% Philosophie et lettres.

  • 26 % de professeures en 2019 contre 15% en 2003 ;
  • 20 % de professeures ordinaires en 2019, contre 6% en 2003 ;

C’est en Faculté des Sciences appliquées qu’il y a le moins de femmes académiques (11% dont seulement 4% de professeures ordinaires), suivie par la FASS, où elles sont 19%.

À la Faculté de Droit, de Science politique et de Criminologie, Gembloux Agro-Bio Tech, Faculté de Médecine et HEC, il y a aussi moins de 20% de femmes dans les postes de professeur ordinaire.

Conseils, décanats, directions

Pour la première fois de son histoire, l’Université de Liège compte une femme Vice-rectrice.
Aucune femme n’est actuellement doyenne. En revanche, un vice-doyen sur deux est une femme : 7 femmes sont vice-doyennes à l'enseignement et 3 femmes vice-doyennes à la recherche.

Les femmes sont sous-représentées au Conseil d’Administration, notamment parmi les représentants du corps enseignant où siège seulement 1 femme à côté de 10 hommes. Elles sont un peu plus nombreuses comme suppléantes (deux femmes sur 11 comme première suppléantes et 6 femmes sur 11 comme secondes suppléantes).

Les femmes sont sous-représentées aux conseils sectoriels de la recherche, notamment celui de sciences et techniques mais aussi à la santé. Leur représentation à la Fédé s’est fortement améliorée (6 femmes et 7 hommes) et elles sont majoritaires au conseil de la vie étudiante.

Les directions administratives et les secrétariats de facultés sont occupés presque exclusivement par des femmes.

À la direction des services administratifs généraux, on compte 7 femmes (ARI, AEE, SJ, RI, ARF, ARH, ARD) et 3 hommes (SEGI, Interface, Communication).

Parmi les docteurs honoris causa de l’ULiège depuis 2002, on compte seulement 20% de femmes (à savoiir 30 femmes sur 150 docteurs honoris causa).

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Ces chiffres interpellent, évidemment. Attendre que les tendances s'inversent ne semble pas une option pour une université qui ambitionne l’excellence dans tous les domaines : l’enseignement, la recherche, mais aussi ses propres pratiques. Alors, comment faire évoluer le fonctionnement de notre institution, dans une société encore largement androcentrée ?

Comme le souligne Anne-Sophie Nyssen, Vice-Rectrice de l'Université de Liège, chargée notamment des questions de bien-être, "il convient non pas d'instaurer la parité, mais plutôt de stimuler l'arrivée et le maintien des femmes aux différentes fonctions par des comportements et actions mises en place au sein de l'ULiège. Je serai particulièrement attentive à la représentativité des femmes dans les différentes commissions et dans les propositions de docteurs honoris causa. Des cours et masters de spécialisation axés sur les questions du genre sont soutenus par l'Université. J'espère que le guide pratique "L'Égalité dans la langue" participera également au changement de la culture".

 

Genre et Égalité à l'ULiège

Bien-être