Svante Pääbo • Docteur honoris causa
2024
Svante Pääbo, directeur émérite du Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology à Leipzig, est un pionnier de la paléo-génétique, une discipline nouvelle que ses travaux contribuent à façonner. Il a reçu en 2022 le prix Nobel de physiologie ou de médecine « pour ses découvertes concernant les génomes d’homininés éteints et l’évolution humaine ».
« Il a révolutionné l’étude de l’ADN ancien, décrit une lignée humaine inédite, donné un nouveau souffle à la génétique des populations et ouvert des pistes de médecine évolutive », souligne le journal Le Monde à l’annonce de sa nomination au prix Nobel.
Svante Pääbo (né en 1955), biologiste suédois et spécialiste en génétique évolutive, a suivi une formation en biochimie et en génétique. Il a d'abord étudié l'histoire des sciences, l'égyptologie ainsi que la médecine à l'Université d'Uppsala en Suède, où il a obtenu son diplôme en médecine. Il s’oriente vers la recherche scientifique et obtient son doctorat en 1986 en biologie moléculaire dans la même université. Sa thèse porte sur le clonage de l'ADN ancien, une démarche qui a marqué le début de ses travaux révolutionnaires sur l'ADN fossile et l'évolution humaine. Il a ensuite été chercheur post-doctoral à l'université de Zurich puis à l'université de Californie à Berkeley. En 1990, il est devenu professeur à l'université de Munich. En 1999, il a fondé le laboratoire d'anthropologie évolutive à l'Institut Max Planck à Leipzig, qu’il a dirigé jusqu’en 2020.
Svante Pääbo a apporté des contributions importantes sur la génomique de l’évolution humaine grâce aux approches méthodologiques rigoureuses qu’il a développées pour l’analyse des ADN «anciens», présents dans des ossements de fossiles d’homininés remontant jusqu’à 50 000 ans
C’est en 2010 qu’il réalise le séquençage du génome complet d’un spécimen de Néandertal, suivi de plusieurs autres, démontrant de manière inattendue que le génome des Néandertaliens a contribué à environ 2 % du génome des humains actuels vivant hors d’Afrique. L’analyse d’un petit fragment d’os retrouvé dans une grotte en Sibérie lui a également permis de montrer l’existence d’une troisième branche éteinte du genre homo désignée sous le nom de Denisova. Enfin, la comparaison de ces divers génomes a conduit Svante Pääbo à faire l’hypothèse d’un quatrième groupe éteint ayant divergé de l’ancêtre commun avec l’homme il y a un million d’années.
Sources
- Fondation Nobel
- Académie des Sciences (Institut de France)
- Journal Le Monde
