Mahbouba Seraj • Docteure honoris causa
Mahbouba Seraj est une militante américano-afghane, connue pour son travail en faveur des droits des femmes et des enfants en Afghanistan. Née en 1948 à Kaboul, issue de la lignée royale, elle est emprisonnée en 1978 par le Parti communiste. Elle est contrainte à l’exil et trouve principalement refuge aux États-Unis (New-York) avant de retourner en Afghanistan en 2003, après la chute du régime des Talibans.
Elle se consacre à la défense des droits des femmes, à la promotion de la santé des enfants et à la lutte contre la corruption. Lorsque les Talibans reviennent au pouvoir en 2021, elle refuse de fuir son pays et décide de continuer sa lutte en faveur des femmes et des enfants.
Elle s’implique dans divers programmes visant à autonomiser les femmes et à leur fournir un soutien psychologique et social. Elle crée et dirige le Women Skills Development Center.
Au sein de l’Afghan Women’s Rights Activist, elle plaide pour l'éducation des filles et l'amélioration des conditions de vie des femmes dans un pays où celles-ci font face à des discriminations grandissantes.
Elle est une voix éminente et respectée, à la fois dans son pays et sur la scène internationale. Activiste et également journaliste, elle est la créatrice et animatrice d’une émission radiophonique « L'Afghanistan que nous aimons, par Mahbouba Seraj ».
En janvier 2022, elle déclare au Conseil de sécurité de l’ONU, quelques mois à peine après le retour des Talibans au pouvoir : « Après avoir connu la liberté pendant 20 ans - en travaillant, en poursuivant nos études, en pratiquant du sport, en jouant de la musique - il a fallu moins de 6 mois pour démanteler entièrement les droits des femmes et des filles à travers le pays. La scolarisation des filles afghanes est en péril, notamment celle des femmes et des adolescentes, qui sont pour la plupart exclues des écoles et des universités. Beaucoup de femmes ont fui le pays ou sont enfermées chez elles, craignant que leur religion, leur handicap, leur orientation sexuelle ou leur appartenance ethnique fassent d’elles une cible. »
Dans une interview récente au journal belge L’Écho, elle dit : « J’ai atteint le point où je ne vois aucune lumière au bout du tunnel pour les femmes en Afghanistan », déclaration qui n’émousse pas cependant sa détermination de résister au pouvoir et de s’exprimer publiquement, y compris à l’étranger, pour dénoncer les atteintes toujours plus fortes, aberrantes et scandaleuses aux droits des femmes et des jeunes filles, et à leur accès, quasi inexistant désormais, à l’éducation.
Sources
- Allocution de Mme Mahbouba Seraj, Briefing au Conseil de sécurité de l'ONU sur l'Afghanistan, 26 janvier 2022
- Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme
- Interview au journal L’Écho, 21 août 2024
- Interview au journal Le Devoir, 11 mars 2023
