L’ULg, la formation vétérinaire, le bien-être animal et l’expérimentation recourant aux animaux de laboratoires


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12 000 animaux soignés chaque année à la clinique vétérinaire de l’ULg

L’ULg est la seule université habilitée en Belgique francophone à organiser la formation clinique des médecins vétérinaires. A ce titre, elle a la responsabilité exclusive de former des étudiants qui allient savoir, savoir-faire et savoir-être au bénéfice de la santé et du bien-être des animaux, dans toute leur variété.

Sa réputation de pôle d’excellence, en Belgique et à l’étranger, en formation et en recherche vétérinaire s’appuie sur une importante pratique médicale. Celle-ci permet aux étudiants comme aux enseignants et chercheurs de la Faculté de Médecine vétérinaire de développer/garantir des compétences de haut niveau et de prodiguer des soins de la plus haute qualité aux animaux.

C’est ainsi que chaque année, l’ULg accueille et soigne près de 12 000 animaux (animaux de compagnie, équidés, ruminants, porcs, oiseaux, rongeurs, lapins, reptiles…), soit plus de 30 cas par jour, tous les jours de l’année, 24h/24 à la clinique vétérinaire universitaire, la seule en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il s’agit souvent de cas complexes exigeant des compétences humaines spécialisées et des appareillages (par exemple d’imagerie médicale) que seule la Faculté de Médecine vétérinaire possède en Belgique francophone.

Afin de renforcer encore son offre de soins de qualité, une nouvelle clinique vétérinaire universitaire ultramoderne verra le jour d’ici à 2018 sur le campus du Sart Tilman. Elle est le fruit d’un investissement de 18 millions d’euros réalisé par l’ULg avec le soutien de la Wallonie. Cette nouvelle clinique sera dotée des équipements médicaux les plus modernes et de locaux spacieux permettant d’accueillir de manière confortable les animaux et leurs propriétaires.

Une expérimentation recourant aux animaux de laboratoires menée dans le cadre strict de la loi et de l’intérêt de la santé humaine et animale

L’ULg est une université complète, forte de 11 facultés et de plus de 3200 enseignants et chercheurs actifs dans presque tous les domaines du savoir. Pour poursuivre leurs recherches et générer des connaissances nouvelles dont les hommes et/ou les animaux seront les bénéficiaires, le recours à des tests sur animaux peut s’avérer non seulement nécessaire mais également obligatoire au regard de la loi.

L’ULg est agréée par les pouvoirs publics pour mener des études sur des animaux.

L’expérimentation recourant aux animaux de laboratoires est encadrée en Belgique par des législations européennes et nationales que l’ULg, comme toutes les universités ou laboratoires agréés (plus de 360 au total en Belgique), respecte de manière stricte et sous le contrôle permanent des Inspecteurs du Service Bien-Etre Animal de la Wallonie (anciennement via le Service Public Fédéral – Santé Publique).

Tout projet de recherche nécessitant une expérimentation recourant aux animaux de laboratoires doit recevoir a priori l’aval du Comité d’Ethique institué au sein de l’Université, dont la structure et les missions sont définies dans la loi de 1986, modifiée récemment encore. Tous les dossiers sont examinés simultanément par les Inspecteurs du Service Bien-Etre Animal de la Wallonie. En parallèle, les descriptifs de chaque projet de recherche sont mis en ligne pour le public par les mêmes Inspecteurs, à des fins de transparence et d’information des travaux scientifiques.

Les animaux amenés et soignés à la clinique vétérinaire universitaire n’entrent pas dans des protocoles d’expérimentation animale. Cependant, si des données issues, par exemple, de prises de sang ou d’images obtenues dans le cadre du diagnostic à réaliser après l’examen clinique sont utilisées pour la recherche, un consentement éclairé est signé par les propriétaires qui ont donc été informés a priori. Si des animaux de propriétaires étaient exceptionnellement nécessaires pour l’étude d’une pathologie précise, les propriétaires sont également informés et, tant le Comité d’Ethique que le Comité Déontologique national doivent donner leur accord a priori.

Les méthodes alternatives sont progressivement mises en place. En Belgique comme à Liège, on observe déjà une diminution de l’ordre de 30% des animaux utilisés en laboratoires au cours des dernières années, au profit de méthodes informatiques, de simulations ou de cultures de cellules.

Mais ces méthodes alternatives ne peuvent à ce jour se substituer complètement à l’expérimentation recourant aux animaux de laboratoires. Celle-ci demeure une nécessité pour faire progresser la santé humaine et animale, comme l’a rappelé récemment encore la Commission Européenne suite à l’Initiative Citoyenne Européenne « Stop Vivisection ! »

La grande majorité des animaux d’expérience (plus de 87%) sont des rongeurs (souris, rats, cobayes) et lagomorphes (lapins) et on observe une tendance à recourir de plus en plus aux larves de poissons, en particulier les zebrafish. A cette fin de remplacement/raffinement, l’ULg a développé une importante plateforme de poissons zebrafish (et un laboratoire qui travaille sur les carpes) qui progressivement remplacent les souris, par exemple dans les études du développement ou des processus cancéreux et/ou infectieux et de leurs traitements.

La « vivisection » n’est pas pratiquée dans les laboratoires. Ce terme ancien est sciemment utilisé par certains opposants à l’expérimentation recourant aux animaux de laboratoires pour alarmer l’opinion publique. Le terme vivisection évoque en effet la « section » pratiquée sur « l’animal vivant, ou vigile (non anesthésié) » et donc conscient de manipulations douloureuses. Il suppose une souffrance animale. De telles pratiques n’ont plus cours dans les laboratoires et toute manipulation qui pourrait induire de la douleur est pratiquée sur des animaux anesthésiés avec les méthodes les plus modernes ou chez qui une analgésie spécifique a été mise en œuvre. Il convient donc de parler plus justement de « protocoles expérimentaux chirurgicaux menés sous anesthésie générale (ou locale) strictement contrôlée ».

Si l’on évoque spécifiquement les chiens et les chats, les dossiers sont menés dans le but d’améliorer la santé des congénères. Ces recherches cliniques, toujours soucieuses du bien-être de l’animal, ne visent donc pas l’amélioration de la santé humaine mais bien celle de nos animaux de compagnie.

Pourquoi l’expérimentation recourant aux animaux de laboratoires est-elle utile ?

Les informations qui suivent sont extraites de la brochure « Expérimentation animale : c’est donc comme cela qu’ils font… en Belgique », éditée en décembre 2014 par le BCLAS (Belgian Council for Laboratory Animal Science), consultable et téléchargeable à cette adresse http://www.bclas.org

Les chercheurs poursuivent des buts précis notamment en matière de :

Recherche fondamentale

  • Comprendre le fonctionnement des hommes et des animaux, et les maladies qui les touchent.

Recherche appliquée

  • Développer des médicaments et des vaccins afin d’améliorer la santé humaine et animale.
    Les tests sur les animaux, tels que rendus obligatoires par les législations avant l’introduction d’un médicament sur le marché, ont pour objectif de garantir l’efficacité et la sécurité de ces produits. Parallèlement, les Autorités publiques imposent également un cadre strict d’utilisation afin de protéger les animaux d’expérience.

Qu’est-ce qu’une expérience sur animaux ?

« Une expérience sur animaux fait référence à toute utilisation invasive (ex. : chirurgie) ou non d’un animal (céphalopode ou vertébré non humain) menée à des fins expérimentales ou à des fins d’enseignement, susceptibles de causer à cet animal une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l’introduction d’une aiguille conformément aux bonnes pratiques vétérinaires. Ceci est décrit dans la loi du 27 décembre 2012, qui renforce la loi du 14 août 1986, relative à la protection ainsi qu’au bien-être des animaux. Cette loi est la conséquence de la parution d’une nouvelle directive européenne 2010/63/EU relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques. Un arrêté royal de mai 2013 fixe les règles précises qui découlent de cette loi. »

Un processus très encadré et contrôlé

Utiliser des animaux d’expérience ne s’improvise pas. Tout laboratoire de recherche, publique ou privé, doit être agréé et respecter scrupuleusement le cadre législatif (directive européenne et législation belge) qui décrit les conditions dans lesquelles l’expérimentation animale peut être menée.

Tout projet de recherche doit être autorisé par un Comité d'Ethique institué au sein de l’entreprise ou de l’université.

Ce comité doit être composé de manière pluridisciplinaire et comprendre au moins 7 personnes avec des compétences reconnues dans les domaines de l’éthique, de la santé et du bien-être animal, la connaissance des méthodes alternatives…

Tous les dossiers soumis au comité éthique sont simultanément examinés par les Inspecteurs du Service Bien-Etre Animal de la Wallonie (anciennement via le Service Public Fédéral – Santé Publique). Ces inspecteurs peuvent contrôler les laboratoires à tout moment et sans préavis.

Le personnel des animaleries doit disposer d’une formation obligatoire spécifique à leur fonction et suivre des formations continuées.

« L’expérimentation animale reste importante pour protéger la santé des citoyens et des animaux »

Dans le cadre d’une Initiative Citoyenne Européenne, 1,17 million de citoyens européens ont présenté en mars 2015 à la Commission Européenne une demande d’abrogation de l’expérimentation animale telle que définie par la directive 2010/63/UE.

« Nous demandons instamment à la Commission européenne d'abroger la directive 2010/63/UE relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques et de présenter à la place une nouvelle proposition de directive visant à mettre fin à l’expérimentation animale et de rendre obligatoire, pour la recherche biomédicale et toxicologique, l’utilisation de données pertinentes pour l’espèce humaine. »
Extrait de l’Initiative Citoyenne Européenne « Stop Vivisection » dont le dossier est à lire sur le site www.stopvivisection.eu/fr/

Dans sa réponse rendue publique le 3 juin 2015, la Commission Européenne a expliqué pourquoi elle n’avait pas, à ce stade, l’intention d’abroger cette directive et de suggérer l’adoption d’un nouveau cadre législatif.

« La Commission souligne que, pour le moment, l’expérimentation animale reste importante pour protéger la santé des citoyens et des animaux, et pour préserver l’environnement. Tout en contribuant à la réalisation de l’objectif final que constitue le remplacement total des expérimentations animales, la directive 2010/63/UE constitue un instrument indispensable au niveau de l’UE pour protéger les animaux qui doivent encore être utilisés. »

« Tout en reconnaissant pleinement la nécessité de faire progresser la connaissance scientifique avant que d’autres formules ne puissent être mises au point dans tous les secteurs dans lesquels on a encore recours à l’expérimentation animale, la Commission continuera de promouvoir le développement et la mise en œuvre de méthodes de substitution, elle encouragera la coopération et le partage des connaissances dans tous les secteurs, et elle validera de nouvelles méthodes tout en facilitant leur approbation réglementaire. De plus la Commission surveillera activement le respect de la directive 2010/63/UE, notamment le principe des « trois R ». La Commission restera en étroite concertation avec la communauté scientifique au niveau de l’UE et au niveau international en vue de trouver d’autres méthodes d’expérimentation, et elle organisera une conférence d’ici la fin de l’année 2016 sur la façon de progresser vers l’objectif de la suppression progressive de l’expérimentation animale. »

La réponse complète de la Commission Européenne est téléchargeable à l’adresse http://ec.europa.eu/transparency/regdoc/rep/3/2015/FR/3-2015-3773-FR-F1-1.PDF

Le principe des 3 R : Replace, Reduce, Refine

La directive européenne 2010/63/UE énonce que l’objectif final est l’élimination progressive de l’expérimentation animale mais elle reconnaît que l’utilisation d’animaux reste encore nécessaire pour le moment.

Cette directive ancre fermement le principe des 3 R dans la législation européenne ainsi que dans les législations nationales qui en découlent.

Replace – Remplacer

Des méthodes alternatives existent-t-elles pour mener l’expérience ?

  • Cultures de cellules in vitro
  • Modèles informatiques et de simulation
  • Expériences sur l’homme

Reduce – Réduire

Est-il possible de mener l’expérience avec moins d’animaux ?
Par exemple, de nouvelles méthodes d’imagerie permettent de diminuer le nombre d’expériences in vivo.

Refine – Raffiner

Le protocole expérimental est-il organisé de telle sorte que l’inconfort de l’animal soit minimal ?

Moins d’animaux d’expérience

Les méthodes alternatives et plus globalement le respect du principe des 3 R ont permis de réduire le nombre d’animaux d’expérience. Par ailleurs, les progrès de la recherche permettent de répondre à davantage de questions scientifiques avec un même nombre d’animaux.

En Belgique, en 1997, 859 620 animaux ont été utilisés pour des expériences ; 600 986 en 2012, soit une diminution de 30%.

La diminution est du même ordre de grandeur à l’ULg.

Plus de 87% des expériences sont menées avec des rongeurs (souris et rats essentiellement) et lagomorphes (lapins).

Les expériences sur les chiens et chats, moins de 1000 au total en Belgique, visent la santé des congénères.

Depuis une décennie, la tendance à substituer des larves de poissons, en particulier les zebrafish, s’est accentuée dans les laboratoires de recherche.

Nombre d'animaux soignés à la Clinique vétérinaire universitaire (ULg)

 

  AC EQ RP CLA Total
Total 2009  6544  1465 642  133 8784
Total 2010  6942  1265  1117  217  9541
Total 2011  7288  1327  1185  435  10235
Total 2012  7158  1267  1166  812  10403
Total 2013  7106  1312  1182  779  10379
Total 2014  7940 1448  1382 1127  11897

Ce tableau présente le nombre d'ordres (nombre de cas reçus à la clinique) par pôle pour les années 2009-2014.
Chaque pôle a augmenté son activité et, en particulier, la clinique aviaire.
Légende : AC (Animaux de compagnie), EQ (Equidés), RP (Ruminants et Porcs), CLA (Oiseaux, rongeurs, lapins et reptiles)