Toussaint-Dieudonné Sauveur (1766-1838), professeur de pathologie, d'hygiène et de thérapeutique, de la Faculté de Médecine est le premier Recteur de l'Université de Liège. L'Université compte alors 259 étudiants. La charge rectorale sera occupée, pour une durée d'un an, suivant une rotation régulière entre les quatre facultés : Médecine, Sciences, Droit, Philosophie et Lettres.

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Né et mort à Liège, Toussaint-Dieudonné Sauveur a effectué ses premières études chez les oratoriens de Visé, puis de Paris, avant d’enseigner dans les collèges de cette congrégation, à Juilly, puis à Angers. Il poursuit ses études de médecine à Paris durant la période révolutionnaire, assistant aux cours de Portal et de Corvisart, puis, se réfugie à Utrecht, où il obtient son diplôme en 1793. De retour à Liège, il est engagé à l’hôpital Saint-Abraham, avant d’être nommé professeur au Lycée impérial. Il est l’un des fondateurs, en 1806, de la Société des sciences physiques et médicales de Liège.

En 1816, il est chargé par le roi de Hollande de participer à la rédaction de la Pharmacopée belge, avant d’être nommé, l’année suivante, président de la Commission médicale de la Province de Liège. Nommé professeur à l’Université de Liège, dès sa création, il occupe le premier la charge rectorale, dont il sera à nouveau investi en 1829-1830.

Extrait du discours du 25 septembre 1817

L’Université de Liège ne sera sûrement pas la moins empressée à porter son tribut à la masse des connaissances humaines, ce trésor qui est la légitime propriété de tous, et où chacun a le droit de puiser dès qu’il en a la volonté.

Discours prononcé par le recteur Sauveur le 25 septembre 1817 lors de l’installation solennelle de l’Université de Liège dans Alphonse Le Roy, Liber Memorialis…, Liège, Vaillant-Carmanne, 1869, p. 58-60.

Son enseignement englobe à la fois le domaine de la pathologie (générale et maladies internes) et ceux de l’hygiène et de la thérapeutique. Proclamé émérite en 1835, suite aux remaniements des programmes de cours, il continue à tenir son cabinet privé jusqu’à son décès en 1838.

Sous le régime hollandais, le Collège des curateurs était en fait l'autorité principale de l'Université, et non le recteur. Selon le règlement de 1816, le Collège devait surveiller l'application stricte de ce dernier et plus largement de la législation de l'enseignement supérieur, y compris les questions d'enseignement, les curateurs proposant les nouveaux professeurs au gouvernement, ainsi que le budget. Le Gouverneur de la Province, ainsi que le Bourgmestre faisaient partie de ce Collège, mais aucun professeur. Il fut supprimé par le régime belge plus tard, en 1835, et remplacé par un fonctionnaire aux pouvoirs plus réduits.
Philippe Raxhon, Mémoire et prospective. Université de Liège (1817-2017), Presses universitaires de Liège, 2017, p. 32

 

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Illustration : Van Der Haert, d'après Barthélemy Vieillevoye, T.D. Sauveur, Docteur en Médecine, premier Recteur de l'Université de Liège, lithographie, s.d., Musée Wittert ULiège, inv. 2943.

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