Le 19ème siècle est pour la géométrie une période de grandes avancées, un « siècle d’or ». Il commence par l’invention de la géométrie descriptive par Gaspard Monge. Partant de Monge, l’ingénieur et mathématicien français, Jean-Victor Poncelet, met en forme les principes fondamentaux de la géométrie projective. La géométrie analytique continue son développement. La géométrie non euclidienne prendra son essor dans la seconde moitié du siècle.

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lors que Poncelet vient à peine de publier son Traité des propriétés projectives des figures (1822) et les travaux de Monge sont très récents, Jean-Baptiste Brasseur débute dans l’enseignement et se dirige dans un premier temps vers les études de géométrie pure.

Humble, il ne s’empresse pas de publier ses travaux. Ceci l’a sans doute privé de la reconnaissance qu’il aurait méritée dans la découverte de théorèmes de géométrie supérieure. Pour exemple, on retrouve dans le premier ouvrage du suisse Jakob Steiner, Systematische Entwickelung der Abhängigkeit geometrischer Gestalten von einander , des propriétés nouvelles déjà démontrées par Brasseur 7 ans auparavant.

Catalan dira de lui « Si Brasseur avait vécu à Berlin ou à Paris, son nom brillerait à côté de Steiner et de Chasles » [1]

En 1840, il est le premier à montrer que les projections cotées peuvent servir à la recherche et à l’étude de lieux géométriques et met ses théories en application dans son ouvrage Applications des projections cotées à diverses recherches sur l'étendue publié en 1841. Son ouvrage majeur Mémoire sur une nouvelle méthode d'application de la géométrie descriptive à la recherche des propriétés de l'étendue parait en 1855.

Jean-Baptiste Brasseur est un professeur très apprécié, patient et bienveillant à l’égard de ses étudiants. On peut constater la clarté de son enseignement dans son Programme du cours de géométrie descriptive et dans le Précis du cours de mécanique appliquée.

Jean-Baptiste Brasseur a toujours eu une approche innovante dans sa manière d’enseigner. Il avait à cœur d’illustrer ses théories par des exemples concrets, des appareils que les étudiants pouvaient voir fonctionner et même manipuler. En 1835, il fonde le Cabinet de modèles de géométrie descriptive et un laboratoire de mécanique appliquée pour ses élèves : le Musée de mécanique appliquée. On y trouve différentes pièces et machines servant à l’enseignement. Les machines motrices (à vapeur, machines d’épuisement à traction directe, locomotives, roues hydrauliques etc.) peuvent y être mises en mouvement afin d’illustrer les explications données aux élèves par l’expérience. A la mort de Brasseur, c’est V. Dwelshauvers-Dery qui reprendra la direction du musée. Et c’est de cet atelier que sortiront les recherches de ce dernier sur la machine à vapeur [2]. Le Cabinet de modèles de géométrie descriptive, quant à lui, comprend divers éléments tel que des ouvrages à planches, des épures représentant la solution d’un problème de géométrie descriptive, des objets représentant des surfaces et des modèles de géométrie mais aussi des éléments de construction et des plâtres servant au cours d’architecture industrielle.

Jean-Baptiste Brasseur aura exercé une profonde influence sur l'enseignement des mathématiques à l'Université de Liège et on peut dire qu’il a été à la source de cette école de géométrie liégeoise qui se formera avec François Folie, Constantin Le Paige et François Deruyts.

[1] LE ROY, Alfonse, Liber Memorialis : l’Université de Liège depuis sa fondation, Liège : imprimerie J.-G. Carmanne, 1969, p. 81.

[2] Voir les discours de rentrée académique du Recteur Victor Dwelshauvers-Dery à ce propos.

Texte rédigé par Joëlle Samedi et l’équipe d'ORBi

 

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