L'arrêté royal du 5 décembre 1835 organise le programme des cours des universités et crée de nouveaux cours, dont le cours d'anatomie pathologique, qui sera confié à Liège à Antoine François Joseph Raikem, jusqu'à son éméritat. Raikem accordera beaucoup d'importance à l'éthique du médecin, ainsi qu'à l'hygiène et la salubrité publique.

Né à Liège en 1783, Antoine François Joseph Raikem, dont le père avait été le médecin du dernier prince-évêque de Liège, est très vite animé de la même vocation. Diplômé de la faculté de Médecine de Paris (1807), il y exerce momentanément son art – médecin du bureau de bienfaisance de Montreuil, médecin de la garde nationale – avant d’être nommé par Napoléon comme médecin des enfants de sa sœur Élisa Bonaparte, devenue princesse de Lucques et de Piombino. Raikem demeure à son service quand elle devient grande-duchesse de Toscane et s’installe à Florence où il épouse l’une de ses suivantes, Maria-Luisa Corsi.

Après la chute de l’Empire, Raikem obtient un poste à Volterra, où sévit une épidémie de typhus et dont il finit par diriger les hôpitaux et le service sanitaire des salines. Après plus de quinze années passées en Italie, le médecin, nommé professeur à l’Université de Liège, revient alors dans sa ville natale en 1836 pour y donner les cours d’anatomie pathologique et d’hygiène. Membre de nombreuses sociétés savantes, il devient correspondant de l’Académie royale de médecine de France (1835), puis membre titulaire de celle de Belgique de 1841 à 1856. Son discours de rentrée, prononcé à l’issue de son mandat de recteur de l’Université de Liège (1843-1844), témoigne de l’avancée de sa réflexion en matière d’éthique et de déontologie médicales.

En plus de ses recherches dans le domaine de l’anatomie – il s’efforce de transmettre à ses confrères le savoir acquis en Italie –, Raikem s’investit pleinement comme membre du Conseil de salubrité publique (Province de Liège), tout en manifestant un goût prononcé pour l’archéologie (thermes romains de Volterra). Il meurt à Liège en 1862.

 

Extrait du discours de sortie de charge

La probité et le savoir doivent être les qualités fondamentales du médecin […] Son humanité le porte à se rendre avec empressement auprès du malade qui l’appelle […] avec cet air touchant d’intérêt et d’affection qui le console, avant même que l’entretien ait commencé […] Le savoir et le talent contribuent moins à la gloire et à la réputation du médecin que la moralité et la sagesse.

Antoine François Joseph Raikem : De la morale du médecin [Discours de rentrée, 15 octobre 1844], Annales des universités de Belgique, Bruxelles, Th. Lesigne, 1845, p. 636-652

modifié le 11/05/2024

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