Brillant latiniste, l'Allemand Jean-Dominique Fuss est appelé par Guillaume 1er lors de la fondation de l'Université de Liège. Dans le système hollandais, les antiquités étaient mises à l'honneur par le truchement de la littérature et de la philologie, en référence particulièrement à la culture gréco-latine. Fuss exercera la charge rectorale pour l'année académique 1844-1845, à l'âge de 62 ans.

Fuss

Jean-Dominique Fuss (1782-1860) est considéré aujourd’hui comme l’un des plus fameux poètes du début du XIXe siècle à avoir privilégié le latin comme langue d’expression favorite. Formé à Würzbourg, puis à Halle, ce latiniste distingué devient le disciple d’Auguste Schlegel, l’un des principaux théoriciens du romantisme allemand, puis bénéficie de la protection de Germaine de Staël, grâce à laquelle il obtient à Paris le poste de précepteur des enfants du sénateur Louis Maximilien Rigal.

Sa grande érudition et son amitié avec le philologue et archéologue Charles Benoît Hase lui valent de devenir le secrétaire d’Aubin-Louis Millin au Cabinet des Antiques de la Bibliothèque impériale. Il retourne ensuite sur ses terres natales à la faveur d’une nomination comme professeur de littérature ancienne au Gymnasium de Cologne (1815).

Deux ans plus tard, appelé par le roi Guillaume Ier de Hollande, il entre à l’Université de Liège comme titulaire de la chaire de littérature ancienne et d’antiquités romaines. Il aura à se battre pour en assurer la survie entre 1830 et 1835 – sa faculté est alors supprimée –, avant de ne récupérer qu’une partie de ses cours – antiquités romaines – suite à la réorganisation de l’enseignement universitaire en Belgique.

Tout en se positionnant comme ardent défenseur de l’emploi de la langue latine en littérature, il ne peut malheureusement plus l’enseigner dans une université, dont il devient le recteur en 1844-1845. En remettant la charge à son successeur, le philologue, à l’origine de l’expression « néolatin » dans son acception actuelle, ne manque pas de revenir dans son discours sur l’importance … de la langue latine et sur la question : s’il faut encore écrire en latin (Tirlemont, 1846).

Admis à l’éméritat en 1848, il meurt à Liège en 1860, sans avoir jamais baissé la garde au cœur de cette antique querelle entre les Anciens et les Modernes.

Réflexions sur l'usage du latin en poésie (extrait)

Que faisons-nous aujourd’hui des poètes latins [du XVIIe siècle], dont le succès a fait rire Boileau et puis Voltaire ? Je réponds à ces faiseurs de phrases […] que […] les facéties de Boileau et le raisonnement de Voltaire à leur égard sont […] des arguments d’écolier pour lesquels il n’est pas raisonnable de [les…] mépriser.

J.-D. FUSS, Réflexions sur l’usage du latin moderne en poésie…, Liège, P. J. Collardin, 1829, p. 92

On dit de lui

« Monsieur Fuss, que nous aimons comme ami autant que nous l’avons vénéré comme professeur, est du petit nombre de ces hommes qu’on loue sans effort soit qu’il s’agisse de l’appréciation de sa science et de son talent, soit qu’il s’agisse de son noble caractère » (Revue de Liège, t. IV, Liège 1845, p. 465).

 

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Aller vers : Michel Gloesener

Gustave Julin, J.O. Fuss, Professeur ordinaire à l'Université de Liège, huile sur toile, s.d., Musée Wittert-ULiège, inv.12053

 

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