Originaire de l’ancien duché de Luxembourg, Michel Gloesener (1794-1876) est physicien et constructeur d’instruments scientifiques, comme des télégraphes, horloges, chronographes, paratonnerres... Nommé recteur pour l'année académique 1846-1847, il succède à Pierre-Joseph Destrivaux, recteur pour la seconde fois en 1845-46.

Gloesener

 

Comme beaucoup d’autres issus des mêmes régions frontalières, il se forme à Metz aussi bien qu’à Trèves. Inscrit à Liège en 1818 comme étudiant à la faculté des Sciences, Gloesener se spécialise très vite dans le domaine de l’électromagnétisme. Cinq ans plus tard, il soutient une thèse de doctorat qui s’inscrit dans le sillage des recherches d’André-M. Ampère.

Après un séjour à Paris où il rencontre notamment Louis Joseph Gay-Lussac, Gloesener est nommé professeur au Collège philosophique de Louvain (1825), tout en s’investissant à titre privé dans l’action caritative. Après la dissolution de la faculté des Sciences de Louvain (1830), il est chargé d’une série de cours à l’Université de Liège – astronomie, physique théorique et expérimentale, mécanique céleste… – avant d’être admis à l’ordinariat en 1836.

Cofondateur de la Société royale des Sciences de Liège, il en devient le président en 1842 et signe l’année suivante un important article consacré aux appareils électromagnétiques dans le premier numéro des Mémoires de ladite Société. À l’issue de son mandat de recteur (1846-1847), il consacre son discours à l’influence de l’étude de la physique sur le bien-être de l’humanité. Devenu émérite en 1860, il n’en continue pas moins à dispenser une partie de ses enseignements jusqu’à son décès en 1876. Parmi les nombreux appareils de son invention, on compte des télégraphes à aiguille et à clavier, des horloges, des chronographes et un paratonnerre, qu’il commercialisera à la fin de sa vie grâce à la Manufacture belge d’Appareils électriques installée à son domicile.

Extrait du discours de sortie de charge

Le but le plus élevé des sciences, c’est d’éclairer, de développer l’esprit humain et de le conduire à la connaissance de la vérité […] Et de quoi pourrions-nous désespérer, quand nous songeons […] au télégraphe électrique, qui nous permet de communiquer nos pensées à des distances immenses avec la rapidité de l’éclair […]

Michel Gloesener : Discours de rentrée, 12 octobre 1847, Annales des universités belges, Bruxelles, Th. Lesigne, 1850, p. 913-916
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Autre extrait du même discours

L’étude des merveilles de la nature émeut notre cœur, y développe des sentiments généreux, nous fait chercher l’honneur et la félicité, non dans l’opulence mais dans la volonté de concourir au bien-être de tous et de mériter par nos actions l’estime et l’amitié des gens de bien.

Michel Gloesener; Discours de rentrée, 12 octobre 1847, Annales des universités belges, Bruxelles, Th. Lesigne, 1850, p. 926).

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Illustration : Charles Soubre, Michel Gloesener, lithographie, 1856, Musée WittertCollections artistiques VLiège, inv. 39670.

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