Né à Namur en 1804 et décédé à Liège en 1875, Charles Joseph Adolphe Borgnet est le premier recteur dont la vie s’inscrit entièrement dans le XIXe siècle et dont le mandat se voit allongé de trois années supplémentaires (1848-1852), suite à la loi du 15 juillet 1849 qui rend triennales les fonctions rectorales.

Borgnet

Après des études de droit à l’université de Louvain, il exerce comme juge d’instruction au tribunal de première instance de Namur, tout en menant des recherches sur l’histoire locale et nationale. C’est à la faveur de ces travaux d’érudition qu’il se voit chargé en 1837 d’enseigner à l’Université de Liège l’histoire du Moyen Âge et l’histoire de Belgique, puis d’être nommé professeur ordinaire dans cette même institution (1841).

Ses nombreuses publications lui valent par ailleurs de devenir membre de la Commission royale d’Histoire en 1850. En plus de l’édition critique du Myreur des histors de Jean d’Outremeuse et d’une histoire de la Révolution liégeoise de 1789, on lui doit notamment des Légendes namuroises et un Guide du voyageur en Ardenne ou Excursions d'un touriste belge en Belgique, édités sous le pseudonyme de Jérôme Pimpurniaux.

Avec le rectorat de Borgnet, l’Université de Liège entre dans une nouvelle phase de son histoire, suite à la loi relative à l’enseignement supérieur (1849), qui réorganise les programmes de cours ainsi que les jurys d’examens et institue un Conseil de perfectionnement de l’enseignement supérieur où sont invités à siéger des représentants de chacune des facultés des universités d’État. Durant l’année 1848-1849, le corps professoral compte Charles Augustin Sainte-Beuve parmi ses enseignants.

À propos de l’attitude des Belges face à la révolution qui secoue la France en 1848

Si, en 1848, notre pays avait cédé à la tourmente révolutionnaire, il eût condamné lui-même ce qu’il avait fait en 1830 [...] En maintenant ses institutions intactes, il a prouvé que l’ordre est compatible avec la liberté et raffermi en Europe l’existence de la monarchie constitutionnelle. N’en doutons pas, la postérité lui tiendra compte de son attitude, comme d’un service immense rendu à la cause de la civilisation.

Adolphe Borgnet : Discours de rentrée, 29 octobre 1849, Annales des universités de Belgique, Bruxelles, Th. Lesigne, 1852, p. 669 .
Lire ce discours dans son intégralité (facsimilé en PDF)

La deuxième loi organique de l'enseigement supérieur du 15 juillet 1949 revoit les programmes de cours, fixe le nombre maximum de professeurs (40 pour l'Université de Liège, sans compter les agrégés) et fixe à trois ans la durée du rectorat, la charge devant être tenue alternativement par le professeur le plus ancien de chaque faculté.
Extrait du discours de rentrée académique de 1849

Rien ne s’opposait autrefois à ce que le recteur sortant fût continué dans ses fonctions ; mais de fait, une seule fois exceptée [Évrard Dupont (1836-1838)], il fut changé tous les ans. Un renouvellement aussi fréquent entraînait des inconvénients faciles à saisir, et que l’on a cherché à éviter. C’est à cette disposition et à la confiance du gouvernement que je dois la prolongation de mon mandat.

Adolphe Borgnet : Discours de rentrée, 29 octobre 1849, Annales des universités de Belgique, Bruxelles, Th. Lesigne, 1852, p. 693

Les autres discours

 

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Allers vers : Jean Servais Guillaume Nypels

Illustration : Joseph Schubert, À Monsieur Ad. Borgnet, Recteur sortant, lithographie,1853, Musée Wittert-ULiège, inv. 2884.

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