En 1873, une clinique des maladies des enfants au Vieux-Bavière est officiellement autorisée par le Ministre de l'Intérieur. Elle va permettre une étude approfondie des pathologies de l'enfance. Sa responsabilité est confiée à Voltaire Masius, déjà chargé de la clinique interne adulte. À la fin de sa carrière, Masius sera appelé à exercer la charge rectorale, de 1897 à 1900.

Masius

 

Le XIXe siècle s’achève à l’université de Liège avec le rectorat de Voltaire Masius (1897-1900). Originaire du Grand-Duché de Luxembourg, ce fils de médecin né en 1836 effectue ses études dans la cité mosane où il est reçu docteur en Médecine en 1861.

Après avoir été le disciple à Liège de Théodore Schwann, il devient ensuite celui de Claude Bernard au Collège de France (Paris), avant de poursuivre sa formation à Würtzbourg puis à Vienne. Il ouvre ensuite un cabinet privé à Arlon, puis revient à l’université de Liège où il est nommé professeur ordinaire en 1871. Il y donne notamment les cours d’anatomie descriptive et de pathologie générale tout en étant titulaire de la clinique des maladies d’enfants. Avec Constant Vanlair et Édouard Van Beneden, il parvient à faire installer un laboratoire de microscopie, premier du genre dans les universités belges.

Entretemps, il remporte le Prix quinquennal des Sciences médicales (1870-1875), pour avoir achevé – avec Vanlair – l’œuvre d’Antoine Spring, consacrée à la Symptomatologie morbide. Il prend alors la succession de ce dernier pour la clinique de médecine interne (1879). Membre de l’Académie royale de Belgique, il devient en 1906 le directeur de la classe des Sciences. Ses recherches portent entre autres sur la physiologie du système nerveux ou encore sur l’importance de la microbiologie en matière de médecine préventive : en témoignent ses discours rectoraux consacrés à l’évolution des maladies infectieuses et à la notion d’immunité. Très estimé de ses patients pour son humanité, il est admis à l’éméritat en 1901 et meurt le 28 décembre 1912.

Extrait de son discours de rentrée académique de 1900
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Les recherches bactériologiques, que j’ai exposées les années précédentes, en nous éclairant sur l’étiologie et la pathologie des maladies infectieuses, n’ont pas seulement un intérêt scientifique d’une haute valeur, mais elles présentent encore une importance pratique qui s’affirme au fur et à mesure de leur progrès. […]

En nous faisant connaître les germes morbides, la microbiologie nous a mis en possession des moyens de les combattre et d’éviter la contagion. Elle a défini les vaccins, découvert les propriétés antitoxiques des sérums dont l’application devait être si considérable dans le traitement préventif et curatif des malades les plus graves. Il n’est pas téméraire d’ajouter que, dans cette voie féconde, l’ère des découvertes n’est pas close. 

Voltaire Masius, Discours de rentrée, 1900.

 Les discours de réouverture des cours du Recteur masius

Liège universitaire 1899

 Voltaire Masius aux prises avec les décisions du ministre de l’Instruction publique Frans Schollaert, dans Liége universitaire, 26 janvier 1899 © Ville de Liège. Bibliothèque U. Capitaine.

En effet […], elles exigent l’emploi d’une langue chaque jour plus incompréhensible, de formules plus inextricables qui ne me permettraient pas, l’eussé-je voulu, d’exposer devant vous, même dans ses traits les plus généraux, quelque théorie mathématique. J’ai cru toutefois qu’il ne serait pas sans intérêt de retracer […] l’explication que les anciens avaient donnée, à l’aide des mathématiques, des merveilleuses apparences que nous offre le monde céleste. Peut-être parviendrai-je à vous faire voir qu’au fond lorsque l’on scrute leurs procédés, on ne les trouve pas aussi éloignés de nôtres que nous le pensons…

Discours de rentrée, Liège, Imprimerie liégeoise, 1895, p. 5-6

«Vers l’âge de 12 à 15 ans, les signes extérieurs de la différence des sexes s’accentuent davantage ; chez l’un et l’autre, s’achève l’élaboration qui les prépare à leurs rôles respectifs ; ils entrent dans une crise physiologique qui retentit sur toutes leurs facultés : intelligence, caractère, état général. Cette crise est d’une intensité particulière chez la jeune fille ; elle réclame toute la sollicitude maternelle et, bien souvent, le secours de l’art médical. […] Le système nerveux surtout est soumis à leur influence [phénomènes internes] : la femme devient physiquement et moralement irritable ; elle est sujette à des troubles morbides qui la condamnent souvent à l’inactivité. […] Les fatigues de toute nature, les émotions et même de simples contrariétés aggravent parfois les symptômes au point de commander le repos le plus complet ».

« Qui donc oserait, après un seul instant de réflexion, soutenir qu’il n’y a aucun danger, ni même inconvénient à réunir les étudiants des deux sexes dans les amphithéâtres de dissection, dans les hôpitaux ; à les laisser se livrer en commun aux exercices pratiques que comporte leur éducation professionnelle ; à procéder devant un auditoire mixte à des démonstrations d’anatomie, de physiologie, de médecine, de chirurgie et d’obstétrique ? ».

« Tout ce qu’on peut dire, c’est que, depuis quelque temps, en vertu du silence de la loi, nos universités sont devenues des établissements mixtes. En vertu de la règle qui, depuis dix ans, place sur le même niveau, pour l’accession aux études universitaires, l’ignorance et l’instruction, les deux sexes s’y trouvent mêlés. […] cette promiscuité, dangereuse à plus d’un titre, éveille en moi un sentiment de tristesse […] »

« […] ces individualités avides de science, que tourmente le désir de tout étudier et de tout connaître »

«[…] ces esprits ambitieux qui ne voient dans le titre qu’ils cherchent à acquérir qu’un moyen de paraître supérieur »

Adolphe Wasseige, Discours de rentrée, Liège, Ch. A. Desoer, 1886

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Illustration : Lambert Salme, À Monsieur Voltaire Masius, Professeur ordinaire à l'Université de Liège, lithographie, 1872, Musée Wittert ULiège, inv. 3972.

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