Dwelshauvers est le premier recteur issu de la nouvelle faculté technique, créée en 1893. Attaché à la recherche scientifique comme fondement de la formation des étudiants ingénieurs, il met en place une méthode pédagogique basée sur l’expérimentation. La faculté technique dispose alors du premier institut électrotechnique créé et équipé par l'industriel George Montefiore-Levy qui financera aussi en 1903 la construction d'un amphithéâtre pour 300 étudiants.

Dwelshauvers

Auguste Ernest Victor Dwelshauvers (1836-1913) prend en 1868 la succession à l’université de Liège de son maître Jean-Baptiste Brasseur, après des études d’ingénieur mécanicien, puis un doctorat en Sciences physiques et mathématiques.

Professeur de mécanique appliquée, il entreprend des recherches expérimentales sur la machine à vapeur à piston qui lui valent d’acquérir la reconnaissance tant des scientifiques que des industriels, en Belgique comme à l’étranger. Il travaille ainsi en collaboration avec des spécialistes comme le physicien Hirn et le professeur Thurston de l’Université d’Ithaca et bénéficie de l’aide de l’industriel liégeois Charles Beer, qui met ses ateliers et son matériel à la disposition du chercheur, avant la création en 1890 d’un laboratoire de mécanique digne de ce nom à l’université de Liège.

À partir de ce moment, les étudiants liégeois sont initiés aux méthodes expérimentales les plus pointues par un maître qui fait alors figure de précurseur pour avoir donné au milieu industriel un exemple d’application d’une science théorique à la réalisation d’une machine thermique.

Parmi ses nombreuses publications qu’il signera toujours Dwelshauvers-Dery en hommage à son épouse, il compose des Principes de la résistance des matériaux (1884) qui resteront longtemps une référence pour les futurs ingénieurs. Membre de la franc-maçonnerie, il en écrit l’histoire à Liège avant 1830, dont seul un premier volume paraît en 1879.

En 1900, il devient pour trois ans le premier recteur issu de la Faculté technique, créée en 1893, laquelle est alors mondialement connue sous l’appellation d’École spéciale des arts et manufactures.

Extrait de son discours de rentrée académique de 1901
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L’honneur d’être le premier représentant de la Faculté technique au Rectorat m’impose de devoir dissiper un nuage qui obscurcissait notre milieu universitaire lors de la fondation de cette Faculté. La Science pure ne cachait pas ses dédains à l’égard des Sciences appliquées à l’industrie […]

Elle se figurait qu’une telle École n’était qu’une fabrique où l’on forgeait l’esprit de l’ingénieur […] sur gabarit […] lui enseignant nombre de choses plus ou moins vraies sans lui laisser le temps d’y réfléchir. […] Mais les succès des Universités Modernes, des Écoles techniques d’autres pays, et ceux de notre Faculté technique ont, d’une part, démontré que le haut enseignement avait pour devoir de guider le puissant mouvement social et scientifique créé par la machine à vapeur et ses applications industrielles et, d’autre part, fait clairement voir quels étaient les besoins réels de l’industrie et comment il fallait faire l’éducation d’un ingénieur pour y satisfaire

Victor Dwelshauvers, Discours de rentrée, 1901

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Illustration : Florimond Van Loo, À Monsieur Victor Dwelshauvers-Dery, chargé du cours de Mécanique appliquée à l'Université de Liège, lithographie, 1874, Musée Wittert ULiège, inv. 2902.

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