Le philosophe Oscar Merten devient recteur en 1903 à l'âge de 66 ans, ce qui fait de lui le recteur le plus âgé de l'histoire de l'Université de Liège.

Merten

Né et mort à Liège, Oscar Merten (1837-1912), docteur en Philosophie et Lettres de l’université de Liège (1857), soutient en 1865 une thèse pour le doctorat spécial en Philosophie consacrée à Pierre Maine de Biran († 1824), précurseur français de la psychologie.

D’abord enseignant dans le secondaire, Merten rejoint ensuite l’université de Gand (1866) où il est promu à l’ordinariat en 1870. Il revient à Liège en 1889 pour y enseigner la logique, la métaphysique, l’histoire de la philosophie ainsi que des éléments de psychologie. Il donne également des cours de pédagogie et de méthodologie à l’École normale des Humanités.

En 1904, le recteur Merten (1903-1906) ouvre l’année académique avec un discours sur l’esprit critique en philosophie, puis prolonge sa réflexion l’année suivante en présentant la psychologie comme une discipline scientifique à part entière qu’il espère voir se développer au sein de son université.

Extraits de ses discours de rentrée académique, 1904 et 1905
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Il est temps que la philosophie renonce à être la science intégrale des premiers principes, qu’elle se dépouille de l’illusion qui a séduit les penseurs anciens et surtout les idéalistes allemands du siècle dernier, et qu’elle se résigne à être simplement la science de la raison, la science de la connaissance, la science de des lois nécessaires qui régissent nos rapports avec le monde des réalités.

C’est à cette condition qu’elle peut être digne du nom de science et se relever du discrédit mérité que l’abus des hypothèses a si longtemps fait peser sur elle. La Philosophie ne peut être le rêve d’un esprit ébloui par une sorte de vision surhumaine ; elle doit être la vue claire et immédiate des nécessités implacables dans lesquelles nous sommes enfermés »

Oscar Merten, Discours de rentrée, 1904.

 

 Il semble […] que la psychologie se prépare à entrer dans une période d’apaisement. Le conflit des systèmes a perdu une bonne part de son acrimonie, depuis que les vieilles hypothèses sur les rapports de l’âme et du corps ont cédé la place à l’étude patiente et minutieuse des faits. Les anciens adversaires se rencontrent ainsi sur un terrain commun, on oublie peu à peu les vieilles querelles et les haines séculaires et il est permis d’entrevoir dans un avenir prochain une psychologie renouvelée, agrandie et fortifiée par une alliance déjà féconde en résultats.

Oscar Merten, Discours de rentrée, 1905.

OscarMarten

Oscar Merten, dans Liége universitaire, 24 octobre 1904 © Ville de Liège. Bibliothèque U. Capitaine.

Elle se figurait qu’une telle École n’était qu’une fabrique où l’on forgeait l’esprit de l’ingénieur […] sur gabarit […] lui enseignant nombre de choses plus ou moins vraies sans lui laisser le temps d’y réfléchir. […] Mais les succès des Universités Modernes, des Écoles techniques d’autres pays, et ceux de notre Faculté technique ont, d’une part, démontré que le haut enseignement avait pour devoir de guider le puissant mouvement social et scientifique créé par la machine à vapeur et ses applications industrielles et, d’autre part, fait clairement voir quels étaient les besoins réels de l’industrie et comment il fallait faire l’éducation d’un ingénieur pour y satisfaire

Victor Dwelshauvers, Discours de rentrée, 1901

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Illustration : M. le recteur O. Merten, photogravure, s.d., Musée Wittert ULièqe, inv. 42877. .

 

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