Quand le mathématicien Constantin Le Paige devient recteur en 1894, il est déjà directeur de l'institut d'Astrophysique, membre de l'Académie royale des Sciences, secrétaire général de la Société royale des Sciences de Liège et membre de nombreuses sociétés savantes internationales.

LePaige

Le Liégeois Constantin Le Paige (1852-1929) obtient son doctorat en sciences physiques et mathématiques à l’Université de Liège en 1875, après avoir été, notamment, l’élève d’Eugène Catalan. L’année suivante, il entame une carrière universitaire et succède à son maître François Folie pour les cours de géométrie et à Catalan pour ceux d’analyse supérieure et de calcul des probabilités.Sa charge sera à plusieurs reprises modifiée et notamment enrichie des cours de mécanique céleste et d’astronomie physique.

En plus de ses enseignements – il est admis à l’ordinariat en 1885 –, Le Paige dirige aussi de main de maître l’Institut d’Astrophysique de Cointe. Recteur entre 1894 et 1897, il est nommé administrateur-inspecteur de l’Université en 1905. À ce titre, il aura à faire face aux occupants durant la première Guerre mondiale.

Membre de l’Académie royale de Belgique, il siège également à la Société royale des Sciences de Liège dont il devient le Secrétaire général en 1886. Lauréat du Prix quinquennal des Sciences physiques et mathématiques (1879-1883), il se tourne ensuite davantage vers l’astronomie et l’histoire des sciences (Notes pour servir à l'histoire des mathématiques dans l'ancien Pays de Liège, 1890) et devient en outre une autorité en matière de bibliophilie, d’archéologie et d’héraldique.

 

Extrait de son discours de rentrée académique de 1895 edit
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La tradition […] veut que le Recteur ouvre l’année académique par un discours sur les matières de son enseignement. La tâche qui nous est ainsi imposée est particulièrement lourde pour ceux d’entre nous auxquels est dévolu l’enseignement des mathématiques.

En effet […], elles exigent l’emploi d’une langue chaque jour plus incompréhensible, de formules plus inextricables qui ne me permettraient pas, l’eussé-je voulu, d’exposer devant vous, même dans ses traits les plus généraux, quelque théorie mathématique. J’ai cru toutefois qu’il ne serait pas sans intérêt de retracer […] l’explication que les anciens avaient donnée, à l’aide des mathématiques, des merveilleuses apparences que nous offre le monde céleste. Peut-être parviendrai-je à vous faire voir qu’au fond lorsque l’on scrute leurs procédés, on ne les trouve pas aussi éloignés de nôtres que nous le pensons…

Discours de rentrée, Liège, Imprimerie liégeoise, 1895, p. 5-6

«Vers l’âge de 12 à 15 ans, les signes extérieurs de la différence des sexes s’accentuent davantage ; chez l’un et l’autre, s’achève l’élaboration qui les prépare à leurs rôles respectifs ; ils entrent dans une crise physiologique qui retentit sur toutes leurs facultés : intelligence, caractère, état général. Cette crise est d’une intensité particulière chez la jeune fille ; elle réclame toute la sollicitude maternelle et, bien souvent, le secours de l’art médical. […] Le système nerveux surtout est soumis à leur influence [phénomènes internes] : la femme devient physiquement et moralement irritable ; elle est sujette à des troubles morbides qui la condamnent souvent à l’inactivité. […] Les fatigues de toute nature, les émotions et même de simples contrariétés aggravent parfois les symptômes au point de commander le repos le plus complet ».

« Qui donc oserait, après un seul instant de réflexion, soutenir qu’il n’y a aucun danger, ni même inconvénient à réunir les étudiants des deux sexes dans les amphithéâtres de dissection, dans les hôpitaux ; à les laisser se livrer en commun aux exercices pratiques que comporte leur éducation professionnelle ; à procéder devant un auditoire mixte à des démonstrations d’anatomie, de physiologie, de médecine, de chirurgie et d’obstétrique ? ».

« Tout ce qu’on peut dire, c’est que, depuis quelque temps, en vertu du silence de la loi, nos universités sont devenues des établissements mixtes. En vertu de la règle qui, depuis dix ans, place sur le même niveau, pour l’accession aux études universitaires, l’ignorance et l’instruction, les deux sexes s’y trouvent mêlés. […] cette promiscuité, dangereuse à plus d’un titre, éveille en moi un sentiment de tristesse […] »

« […] ces individualités avides de science, que tourmente le désir de tout étudier et de tout connaître »

«[…] ces esprits ambitieux qui ne voient dans le titre qu’ils cherchent à acquérir qu’un moyen de paraître supérieur »

Adolphe Wasseige, Discours de rentrée, Liège, Ch. A. Desoer, 1886

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Illustration : Florimond Van Loo, À Monsieur C.Le Paige, Professeur ordinaire à l'Université de Liège, lithographie, 1884, Musée Wittert ULiège, inv. 2920 . 

 

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