Il ne faut pas craindre les avancées sociales et l'engagement au sein de l'Université

Intervention du Cercle féministe


Bonjour et merci de nous accorder ce temps de parole.
Merci aussi au collectif Zherot de Gembloux pour leur présentation et les constats avancés. 

Nous aimerions également soulever quelques points en rapport avec l’actualité académique et apporter notre perspective en tant que représentant.e.s des étudiant.e.s.
Tout d’abord, il est inacceptable que les étudiant.e.s à l'université soient confrontés à des commentaires qui remettent en question leur légitimité, simplement en raison de leur genre, classe sociale, orientation sexuelle, origine ethnique ou autre. Ces commentaires émanent généralement de personnes qui sont censées leur offrir un enseignement de qualité. Cela peut ainsi encourager des étudiant.e.s à adopter des comportements oppressifs similaires. Pour véritablement viser l'excellence, il est impératif que les cours et, par extension, les enseignant.e.s, soient inclusif.ve.s et respectueux.ses envers toustes les étudiant.e.s.

Malgré les efforts fournis par les étudiant.e.s ainsi que des membres du corps académique,  même des gestes symboliques et en apparence simples, comme tenter de mettre en avant des scientifiques femmes et des minorités de genre, ont rapidement été contrés par une autre fraction du corps académique. On peut se demander quel sera l'impact sur des initiatives plus importantes et cruciales, compte tenu des obstacles que nous rencontrons déjà.

Et si les membres de l’équipe académique, qui se montrent réticents à accorder de l'importance  à la représentation symbolique à travers le renommage de quelques amphithéâtres, consacraient plutôt leur temps et leurs efforts à lutter contre la montée de l'extrême droite sur nos campus ? 

Notre objectif est de donner une voix aux personnes sur le terrain, en l'occurrence les  étudiant.e.s. Nous souhaitons relayer les témoignages des victimes, et à terme, permettre un environnement propice à recevoir leurs témoignages directement. Les procédures doivent être claires et accessibles. Bien qu’il y ait beaucoup de volonté dans ce domaine, il y a encore des progrès à faire, dans la mesure où on se confronte même à des enseignant.e.s qui ne savent pas  à qui s’adresser, lorsqu’iels même sont victimes d’abus, de discriminations, de violences sexistes et/ou sexuelles. Pour ce faire, il est urgent de mettre à jour la compréhension du corps académique sur ces enjeux.

Cette démarche vise à améliorer l'expérience universitaire pour toustes, tout en ayant un impact sur la société dans son ensemble. Il est particulièrement significatif, car les ancien.ne.s  étudiant.e.s qui occupent aujourd'hui, par exemple, des postes représentatifs et à responsabilités  contribuent également à la façonner. Par conséquent, il incombe à l'université de former ses étudiant.e.s non seulement à l'éthique professionnelle, mais aussi à l'éthique tout court. Il faut du personnel qualifié et formé aux problématiques de genres et aux oppressions systémiques pour permettre aux étudiant.e.s de recevoir le soutien nécessaire. Le plan d’action est déjà un grand pas, car il faut un cadre et un programme. Son existence même bouscule chez certain.e.s l'impression d'immunité complète obtenue jusqu'ici grâce à leurs privilèges. Cependant, c’est la mise en œuvre de ce programme qui est le grand défi, avec l’élaboration de solutions concrètes.
Nous pensons qu'il est important de ne pas craindre les avancées sociales et l'engagement au sein de l'université, car cela ne peut lui être que bénéfique. La mise en place de mesures préventives est indispensable pour éviter d'éventuels problèmes futurs résultant de l'absence de 
telles mesures.
Plutôt que de simplement refléter la société, nous pourrions exploiter le prestige de notre université de manière constructive. Elle constitue un espace unique de réflexion, de créativité et de connaissance pour le progrès social et intellectuel. Assurons-nous que nos ancien.ne.s étudiant.e.s quittent notre université sans amertume, en leur offrant l'acceptation et la sécurité qu'iels méritent. Cela nécessite une collaboration entre les professeur.e.s, les chercheur.euse.s, les membres du personnel et les étudiant.e.s.

Merci pour votre écoute

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modifié le 10/11/2023

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