Jane C. Ginsburg • Docteure 𝙝𝙤𝙣𝙤𝙧𝙞𝙨 𝙘𝙖𝙪𝙨𝙖

2026


Jane C. Ginsburg est l’une des grandes spécialistes internationales du droit de la propriété intellectuelle, en particulier du droit d’auteur, du droit international d’auteur, du droit des marques et du droit international privé appliqué aux œuvres.  ​

iconeInfo La remise des insignes de Docteure honoris causa de l'ULiège suivie d'une conférence de Jane C. Ginsburg se tiendra le 11 mai 2027 dans le cadre des « Grandes conférences universitaires de l’ULiège ».

Professeure à la Columbia Law School, où elle occupe la chaire Morton L. Janklow Professor of Literary and Artistic Property Law, elle est également directrice académique du Kernochan Center for Law, Media and the Arts, centre consacré aux enjeux juridiques liés à la création, aux médias, aux industries culturelles et aux arts.

Son parcours académique se caractérise par une double inscription, américaine et européenne, qui a fortement nourri son œuvre scientifique. Jane C. Ginsburg est diplômée de l’Université de Chicago, où elle a obtenu un B.A. en 1976 et un M.A. en 1977, puis de Harvard Law School, où elle a obtenu son Juris Doctor en 1980. Elle a ensuite poursuivi une formation juridique en France, avec un D.E.A. à l’Université Paris II en 1985, puis un doctorat en droit dans cette même université en 1995. Cette formation de part et d’autre de l’Atlantique explique la dimension comparative de ses recherches, qui articulent le droit d’auteur anglo-américain, le droit d’auteur européen et les instruments internationaux de protection des œuvres.

L’apport scientifique de Jane C. Ginsburg est considérable. Ses travaux portent sur les fondements du droit d’auteur, les droits des créateurs, les tensions entre protection des œuvres et liberté d’expression, les usages numériques, les droits voisins, les exceptions et limitations, ainsi que les conflits de juridiction dans les litiges transnationaux de propriété intellectuelle. Elle est l’autrice ou la coautrice d’ouvrages et de manuels de référence.

À rebours d’une conception strictement économique ou industrielle de la propriété intellectuelle, Jane C. Ginsburg insiste sur le lien entre création, personnalité, attribution, responsabilité et circulation des œuvres. Cette orientation est particulièrement visible dans ses recherches récentes sur l’intelligence artificielle generative. Elle examine l’histoire et la doctrine du droit d’auteur pour soutenir que le droit américain demeure fondé sur une conception humaniste de l’authorship : la protection ne peut être accordée à une production générée par IA que si une intervention humaine a joué un rôle déterminant dans la création de l’œuvre.

Cette réflexion sur l’IA s’inscrit dans une œuvre plus large sur les transformations technologiques du droit d’auteur. Dans ses travaux consacrés au copyright et aux transformations de la création, Jane C. Ginsburg replace le droit d’auteur dans une tension structurante :  encourager la créativité, assurer la juste reconnaissance des créateurs, mais aussi préserver la circulation des œuvres, l’accès au savoir et la liberté d’expression. Ses recherches éclairent ainsi les conditions juridiques d’un équilibre entre protection des auteurs, innovation technologique, usages éducatifs, industries culturelles et intérêt général.

Son rayonnement international est attesté par de nombreuses fonctions et distinctions. Elle a enseigné ou été professeure invitée dans des universités en France, en Italie, en Australie, au Royaume-Uni, en Israël, en Nouvelle-Zélande et à Singapour. Elle est vice-présidente de l’Association littéraire et artistique internationale et présidente de sa branche américaine, confirmant son rôle dans les débats internationaux sur les droits des auteurs. Elle a également été co-rapporteure pour le projet de l’American Law Institute consacré aux principes de droit international privé en matière de propriété intellectuelle.

Jane C. Ginsburg a été élue International Fellow de la British Academy en 2011, dans le domaine du droit, pour ses travaux en propriété intellectuelle, droit des marques et droit international privé. Elle est également membre de l’American Philosophical Society, de l’American Academy of Arts and Sciences, Foreign Fellow de l’Accademia Nazionale dei Lincei à Rome et Honorary Fellow d’Emmanuel College, University of Cambridge. En 2008, elle a été intronisée à l’IP Hall of Fame.

L’œuvre de Jane C. Ginsburg éclaire des questions également essentielles pour les universités : la création intellectuelle, la protection des auteurs, l’accès aux connaissances, le statut des œuvres à l’ère numérique et désormais les effets de l’intelligence artificielle générative sur la notion même d’auteur. La proposition de lui conférer les insignes de Docteur honoris causa apparaît ainsi pleinement fondée : elle honorerait une juriste de rang mondial, dont les travaux contribuent à penser les conditions juridiques, éthiques et humanistes de la création dans les sociétés contemporaines, et dont l’influence dépasse largement le seul champ du droit pour rejoindre les enjeux fondamentaux de la culture, de la science et de la démocratie.

 

Sources

modifié le 01/09/2026

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