Le rectorat d'Auguste Swaen est marqué par le début de la Première Guerre mondiale. Pour l'année 1913-1914, l'Université compte 2884 étudiants. En août 2014, le bâtiment central est touché par des obus et les soldats allemands envahissent les locaux, les transforment en dortoirs et écuries, les bâtiments sont saccagés, les collections artistiques pillées.

Swaen

Né à Verviers en 1847, le médecin Auguste Swaen succède à Voltaire Masius à la chaire d’anatomie humaine (chargé de cours en 1872, professeur extraordinaire en 1874, professeur ordinaire en 1877) tout en multipliant les séjours dans des laboratoires étrangers (Allemagne, Autriche, France, Italie).

Avec ses collègues Voltaire Masius, Constant Vanlair et Édouard van Beneden, il œuvre à la réforme de l’enseignement des Sciences et participe activement à l’installation des nouveaux Instituts, dont celui d’anatomie qui portera son nom. Ses travaux scientifiques portant notamment sur le développement du système digestif resteront longtemps des références dont s’inspireront les futurs traités d’embryologie.

Nommé recteur en 1913 – il inaugure son mandat avec un discours sur le futur rôle des universités en Belgique –, il voit l’année suivante son établissement occupé puis littéralement pillé par l’armée allemande. Les cours sont dès lors suspendus. Il ne pourra transmettre le flambeau à son successeur Eugène Hubert qu’en janvier 1919, au moment de la réouverture des cours.

Admis à l’éméritat en 1917, ce digne membre de l’Académie de médecine meurt à Liège en 1929.

Extraits de son discours de rentrée académique de 1913
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 Il m’a paru qu’il serait opportun de proclamer une fois de plus quel rôle important doivent jouer les universités et combien il est urgent de leur assurer une existence plus libre et plus large surtout. […]

De plus en plus […] s’imposera avec une indiscutable évidence, la conviction que la science est un des facteurs dominants, le plus puissant peut-être, du progrès et de la civilisation moderne. De plus en plus aussi, les nations comprendront que les universités sont les grands laboratoires de cette science et qu’elles ont un intérêt vital à en posséder d’aussi parfaites que possible. Enfin, dans notre pays si riche, où le merveilleux épanouissement du commerce et de l’industrie démontrent l’intelligence, l’énergie, l’initiative de se enfants, dans notre pays s’édifient aussi des richesses exceptionnelles et, parmi les hommes qui savent les acquérir, s’en rencontrent qui, comprenant les services immenses  qu’ils peuvent rendre à leur patrie en favorisant son développement scientifique, se font un devoir et un honneur d’y contribuer. Les exemples des Solvay, des de Lovenjoul, des Montefiore ne peuvent pas rester sans influence et, pour le plus grand bien de notre pays, susciteront, j’en suis persuadé, de nobles émulations.

Discours de rentrée, 1913

En octobre 2015, les autorités allemandes souhaitèrent la reprise des cours, mais la Conseil académique refusa, en dépit des menaces, et d'une promesse démagogique de l'occupant d'augmenter les salaires des professeurs. L'Université de Liège resta fermée pendant toute la guerre, ses activités furent complètement à l'arrêt pendant quatre ans, son élan scientifique a été brisé.

Philippe Raxhon, Mémoire et prospective. Université de Liège (1817-2017), Presses universitaires de Liège, 2017, p. 93.

Voir aussi : L'Université de Liège et le centenaire de 14-18 et Carte blanche Philippe Raxhon dans Liège U, Le centenaire de la Grande Guerre.

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Illustration : Florimond Van Loo, À Monsieur Aug. Swaen, Professeur ordinaire à l'Université de Liège, lithographie, 1878, Musée Wittert ULiège, inv. 2951.

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