Paléoclimatologue, Directrice de recherche au Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement, CEA Paris-Saclay, Co-présidente du groupe de travail 1 du GIEC. Valérie Masson-Delmotte a obtenu son DEA et son diplôme d'ingénieur de l'École Centrale Paris en physique des fluides et des transferts. Elle présente sa thèse de doctorat en 1996 sur l'étude du climat de l'Holocène moyen à l'aide de modèles de circulation générale de l'atmosphère.

WEB - Valerie Masson Delmotte©Laurent Ardhuin:CNRS

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lle débute sa carrière comme chercheuse au Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE) à Paris. En 1998, elle devient responsable de l'équipe GLACCIOS qui comprend 25 personnes et qui travaille sur les carottes de glace et l’étude des paléoclimats. Elle devient ensuite directrice de recherche au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) en 2008. En 2010, elle devient responsable de la recherche sur le thème de la «Dynamique et archives du climat ».

Elle a obtenu plusieurs prix prestigieux dont, en 2013, le Prix Irène-Joliot-Curie dans la catégorie « Femme scientifique de l’année ». En 2018, elle est sélectionnée par le journal Nature comme l’une des dix chercheurs et chercheuses ayant marqué le monde cette année-là.

Valérie Masson-Delmotte est également lauréate de la médaille d’argent du CNRS 2019. Tout récemment, elle a obtenu la médaille «  Milutin Milankovic » de la European Geosciences Union (EGU) - qui lui sera officiellement décernée lors de la prochaine assemblée générale de l’EGU en avril 2020 à Vienne (Autriche) - pour ses recherches exceptionnelles en modélisation du climat et étude des changements climatiques.

Ses recherches s’articulent principalement autour des variations et des changements climatiques au travers de l’analyse des archives climatiques dans les cernes d'arbres et dans les carottes de glace polaires qu’elle combine avec des simulations numériques d'isotopes stables de l'eau. Ces domaines de recherches également poursuivis à l’Université de Liège l’ont amenée depuis une dizaine d’années à collaborer et publier avec plusieurs scientifiques et professeurs de l’ULiège.

Les travaux et la compétence de Valérie Masson-Delmotte lui ont valu d’intégrer et maintenant de présider différents groupes de travail (dont celui responsable des bases scientifiques) pour le 4e (2007), 5e (2013) et 6e rapport du GIEC (2021). Il est à noter qu’elle a été élue en 2015 co-présidente du groupe de travail 1 du sixième rapport, à paraître en 2021. Elle a aussi largement contribué aux rapports SCAR (Scientific Committee on Antarctic Research) sur l’évolution du climat et de l’environnement en Antarctique.

Parallèlement à cette carrière brillante de chercheuse, Valérie Masson-Delmotte œuvre énormément au partage et à la transmission de la science à destination de la société mais aussi du jeune public. Elle a notamment écrit trois livres pour les enfants de 9 à 12 ans, ainsi qu’une quinzaine d’ouvrage pour un large public, afin de sensibiliser le monde aux changements passés et futurs du climat ainsi qu’à la compréhension générale du monde naturel et humain qui nous entoure. Communicatrice motivée, elle donne de nombreuses conférences grand public, dans les écoles, les maisons de retraite et même des prisons. Elle participe à de nombreux débats à portée nationale et internationale et est aussi conseillère scientifique de la Cité des Sciences de Paris.

Outre valoriser le parcours scientifique d’une chercheuse exceptionnelle, cette distinction honorifique participe également au rayonnement des projets scientifiques poursuivis à l’Université de Liège dans des domaines proches. Par ailleurs, cette reconnaissance décernée à l’une des références scientifiques de la lutte contre le réchauffement climatique s’intègre parfaitement dans la décision de l’ULiège de soutenir en juillet 2020 une université d'été sur le climat (climACTES, 4-19 juillet 2020).

 

Portraits des Docteurs honoris causa facultaires 2020

 

Crédit photo : CNRS © Laurent Ardhuin