Je suis très attaché à l’examen clinique du patient et à son importance dans la démarche diagnostique. Même si nous sommes à une époque de haute technologie, la médecine reste avant tout basée sur l’anamnèse et l’examen clinique.

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l’époque où ses camarades voulaient devenir pompiers ou policiers, Laurent Servais rêvait déjà de revêtir la blouse blanche. « J’ai eu le déclic à 10 ans, en lisant « La Citadelle », de A.J. Cronin. J’ai fait mes études de médecine à Namur et à l’UCL, avant d’entamer une spécialisation en pédiatrie à l’ULB. » Durant sa spécialisation, il entame également une thèse de sciences en électrophysiologie cérébelleuse. « En 2006, après ma spécialisation, je suis parti à l’hôpital Robert Debré, à Paris pour me former en neuro-pédiatrie. » Il rejoint deux ans plus tard l’Institut de Myologie de l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière, où il se forme au suivi des maladies neuromusculaires.

De retour à temps partiel en Belgique en 2011, il rejoint le Centre de Référence des Maladies Neuromusculaires (CRMN), dont il prendra la direction en 2013. « En collaboration avec le CHU et le CHR de Liège, le CRMN propose une prise en charge globale des patients et développe des essais thérapeutiques très innovants. » En 2015, Laurent Servais lance l’Institut I-Motion, une plateforme d’essais cliniques pédiatriques pour les maladies neuromusculaires, basé à Paris.

Éveiller à la sémiologie

Chargé de cours à l’Université de Liège depuis 2017, Laurent Servais dispense un cours de neurologie pédiatrique aux étudiants de 2ème Master et un cours consacré aux maladies neuromusculaires à destination des kinésithérapeutes. « Je donne aussi régulièrement des cours en sur-spécialisation. J’explique aux jeunes médecins que les maladies neuromusculaires sont des pathologies passionnantes par tout ce qu’elles impliquent, sur les plans génétique, métabolique et éthique. Il s’agit de maladies dont certaines peuvent être traitées et qu’il est donc important de connaître. Mon rôle est surtout d’éveiller les étudiants à la sémiologie et au diagnostic clinique. Je suis très attaché à l’examen clinique du patient et à son importance dans la démarche diagnostique. Même si nous sommes à une époque de haute technologie, la médecine reste avant tout basée sur l’anamnèse. »

Dépistage de l’amyotrophie spinale

Laurent Servais mène différents projets de recherche scientifique et médicale dans le domaine des maladies neuromusculaires. « Un des projets qui me tient particulièrement à cœur est le dépistage néonatal de l’amyotrophie spinale, une maladie très grave qui provoque une faiblesse musculaire progressive. Les traitements disponibles ne permettent pas encore de guérir les nourrissons, mais une prise en charge rapide permet de prolonger leur espérance de vie. Par contre, les enfants traités avant l’apparition des symptômes sont pour la plupart normaux.» Le premier bébé a été dépisté le 5 mars 2018 par l’équipe du CRMN, en partenariat avec le service de génétique du CHU de Liège et le centre de dépistage néonatal de Liège. Sur les 12.000 nouveau-nés dépistés, deux cas d’amyotrophie spinale ont été détectés. Un projet qui a pour ambition de faire de la région liégeoise puis du sud de la Belgique la première région d’Europe sans forme symptomatique de la maladie.

Analyse en continu des mouvements

« Je travaille aussi sur les nouvelles technologies et les objets connectés pour le suivi des patients. Avec l’entreprise française Sysnav, nous avons créé ActiMyo : un véritable « holter du mouvement ». Cette centrale, qui analyse en continu les mouvements des patients, est le premier biomarqueur digital approuvé par l’Agence du médicament. » ActiMyo  permet de faire des essais cliniques plus courts, avec moins de patients. Il s’agit également d’un outil intéressant pour le suivi des patients atteints d’une maladie neuromusculaire ou d’autres troubles du mouvement.

Contact

Laurent Servais

 

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